Imaginez une averse sur une maison neuve. L’eau glisse sur le toit, descend dans les gouttières et rejoint le réseau ou le terrain. Quelques semaines plus tard, le jardin a soif, la terrasse doit être nettoyée et l’on ouvre le robinet d’eau potable. Entre ces deux moments, une ressource utile a quitté la parcelle.
Pour les projets de construction prévus en 2028, cette scène soulève une question plus importante qu’il n’y paraît. Le futur propriétaire entend parler de nouvelles exigences environnementales, parfois même d’une « RT 2028 ». Il découvre aussi que son dossier peut contenir des prescriptions sur les eaux pluviales. S’agit-il de la même règle ? Et quelle place donner à une citerne dans un projet bien conçu ? La réponse devient plus claire lorsque l’on regarde ce que l’eau récoltée peut réellement apporter au quotidien.
De l’eau disponible pour le jardin, la terrasse et la maison
Le premier intérêt est très concret : conserver une partie de la pluie pour les périodes où l’on en a besoin. Avec une réserve raccordée à une toiture adaptée, vous pouvez récupérer l’eau de pluie et l’utiliser pour arroser les fleurs, les arbres, la pelouse et le potager, sous réserve des règles d’usage. Cette eau remplace alors de l’eau potable pour une tâche qui n’exige pas sa qualité.
Elle peut aussi servir à nettoyer une terrasse, des allées, du mobilier de jardin ou des outils. Le lavage d’un véhicule à domicile fait également partie des usages extérieurs mentionnés par Service-Public.fr. Avant d’utiliser un nettoyeur haute pression ou un dispositif qui disperse l’eau en fines gouttelettes, vérifiez toutefois les conditions sanitaires applicables : tous les modes de diffusion ne sont pas équivalents.
À l’intérieur, certains usages non potables, comme l’alimentation des chasses d’eau, peuvent être envisagés avec une installation conçue pour cela. Les canalisations d’eau de pluie et d’eau potable doivent rester distinctes, avec les protections et formalités appropriées. L’eau récupérée ne se boit pas et ne sert ni à cuisiner ni à l’hygiène corporelle. Le cadre sanitaire fixé en 2024 précise les exigences de conception et d’entretien.
Le véritable changement du palier 2028 de la RE2020
Le terme exact est RE2020, et non « RT 2028 ». La réglementation environnementale s’applique aux bâtiments neufs selon leur catégorie. Elle examine notamment les besoins en énergie, les consommations, l’empreinte carbone et le confort d’été. Son palier 2028 renforce certaines exigences, particulièrement sur les émissions liées à la construction. Le ministère de la Transition écologique présente les objectifs de la RE2020.
Ce palier ne rend pas la citerne de récupération d’eau de pluie obligatoire dans toutes les maisons neuves. Il ne suffit pas non plus d’installer une cuve pour obtenir automatiquement un avantage dans les indicateurs de conformité de la RE2020. Le Code de la construction et de l’habitation distingue les seuils à respecter d’un indicateur global du bâtiment calculé à titre informatif, qui comprend notamment l’impact des consommations et rejets d’eau. Voir l’article R.172-4.
Cela n’enlève rien à l’utilité d’une réserve. La RE2020 traite de la performance environnementale du bâtiment ; récupérer la pluie répond à un besoin complémentaire, celui de mieux utiliser l’eau qui tombe sur sa parcelle. C’est une décision pratique que l’on peut prendre aujourd’hui, sans attendre qu’elle devienne une obligation nationale.
Une réserve peut-elle réduire le ruissellement et le risque d’inondation ?
Lorsqu’une citerne dispose de volume libre avant une averse, elle retient temporairement une partie de l’eau qui aurait quitté la toiture immédiatement. Elle peut ainsi réduire le ruissellement à l’échelle de la parcelle et soulager ponctuellement les évacuations. Après la pluie, l’eau stockée est utilisée pour l’arrosage ou le nettoyage : de la place se libère pour l’épisode suivant.
Il faut toutefois être précis. Une citerne déjà pleine ne retient plus le nouvel apport. Lors d’une pluie intense, son trop-plein doit évacuer l’eau vers une solution prévue au projet : infiltration lorsque le terrain le permet, ouvrage de rétention, exutoire autorisé ou autre dispositif validé localement. Une citerne domestique ne peut pas, à elle seule, empêcher une inondation. Son effet dépend de la capacité libre, de la surface de toiture raccordée, de l’intensité de la pluie et du fonctionnement du trop-plein.
Cette réflexion gagne à commencer sur le plan de la maison. Limiter les surfaces imperméables, préserver des espaces végétalisés et prévoir le chemin de l’eau lors d’un orage complètent le stockage de l’eau de pluie. Une réserve utile au jardin peut ainsi faire partie d’une gestion plus cohérente de la parcelle, sans être confondue avec un ouvrage de protection contre les crues.
Pourquoi les règles peuvent varier d’une commune à l’autre
Les obligations relatives au ruissellement proviennent souvent du PLU ou PLUi, du zonage pluvial et des prescriptions locales, et non du seul palier RE2020 de 2028. Le Code général des collectivités territoriales prévoit des zones où des mesures doivent limiter l’imperméabilisation et maîtriser le débit des eaux pluviales. Il prévoit aussi, dans certains secteurs, des installations de collecte ou de stockage. Lire l’article L.2224-10.
Avant de déposer un permis, demandez quelles sont les exigences applicables à votre parcelle. Une collectivité peut demander une infiltration ou une régulation du débit rejeté. Une citerne prévue pour réutiliser l’eau ne remplace pas automatiquement le volume de rétention demandé : le service instructeur doit valider le dispositif et ses modalités de trop-plein. Cette vérification évite de choisir un équipement trop tôt ou d’avoir à reprendre les plans.
Combien d’eau votre toiture pourrait-elle fournir ?
Le calcul de départ est accessible à tous : 1 mm de pluie sur 1 m² de toiture représente environ 1 litre d’eau. Prenons une toiture raccordable de 120 m², une pluviométrie annuelle indicative de 700 mm et un rendement supposé de 80 % après pertes. Le potentiel théorique atteint 120 × 700 × 0,8 = 67 200 litres par an.
Ce chiffre ne signifie pas qu’il faut acheter une citerne de 67 m³. L’eau arrive au fil des saisons et la réserve peut se remplir puis se vider plusieurs fois. Pour choisir un volume, regardez la pluviométrie locale, le nombre de descentes raccordées, la place disponible et surtout vos besoins pendant les semaines sèches. Un jardin arboré, un potager et une petite terrasse n’ont pas le même profil d’utilisation.
Une citerne souple pour récupérer l’eau de pluie offre plusieurs capacités et peut s’intégrer dans un espace adapté, à condition de respecter la préparation du support et les consignes de pose. Pour un petit terrain, le choix de l’emplacement et des dimensions compte autant que le volume annoncé. Notre guide consacré à l’installation d’une citerne souple dans un petit jardin aide à visualiser ces contraintes.
Concevoir un système qui sert vraiment au quotidien
Une installation efficace relie cinq éléments : une toiture appropriée, un collecteur de gouttière dimensionné pour la descente, une filtration adaptée, une réserve et une sortie pratique. Pour arroser ou nettoyer à distance de la cuve, une pompe pour citerne peut être utile selon le débit et la pression recherchés. Il faut aussi prévoir l’entretien des filtres et un trop-plein fonctionnel.
Le meilleur projet n’est pas forcément le plus complexe. Si votre objectif est d’arroser le jardin et de laver la terrasse, un circuit extérieur simple peut répondre au besoin. Si vous envisagez les toilettes ou d’autres usages intérieurs autorisés, l’installation doit être conçue et signalée en conséquence, avec séparation permanente des réseaux. Cette différence mérite d’être décidée dès le départ.
Ma Citerne Ecolo vous aide à donner une seconde vie à la pluie
Chez Ma Citerne Ecolo, à Méjannes-les-Alès dans le Gard, nous proposons des citernes souples de différents volumes, des équipements de raccordement et des kits de récupération d’eau de pluie. Notre activité répond à une idée simple : une eau tombée sur votre toit peut servir plus tard à entretenir le jardin, nettoyer les extérieurs ou alimenter des usages non potables autorisés, au lieu de partir immédiatement vers l’évacuation.
Vous construisez en 2028 ou réaménagez une maison existante ? Partez de votre toiture, de vos besoins et des règles locales. Nous pouvons vous orienter vers une solution de récupération et stockage d’eau de pluie cohérente avec l’espace disponible. Pour une obligation de rétention ou un usage intérieur, faites également valider le montage par les professionnels et services compétents.
Ce qu’il faut retenir
Le palier 2028 de la RE2020 ne crée pas une obligation générale d’installer une citerne. Pourtant, récupérer l’eau de pluie a déjà des avantages très concrets : arroser le jardin, nettoyer la terrasse et les extérieurs, réduire l’emploi d’eau potable pour ces usages, et retenir une partie des pluies lorsque la réserve dispose d’un volume libre. Une installation correctement pensée s’inscrit dans une gestion plus attentive de l’eau sur la parcelle. Elle reste à adapter au climat, aux usages et aux règles de votre commune.
Questions fréquentes
Peut-on nettoyer sa terrasse avec l’eau de pluie ? Oui, le nettoyage des surfaces extérieures figure parmi les usages autorisés d’une installation extérieure. Vérifiez les conditions d’emploi si vous utilisez un appareil produisant des aérosols.
Une citerne peut-elle éviter les inondations ? Elle peut retenir une partie de la pluie lorsqu’elle n’est pas pleine, mais ne garantit pas une protection contre les inondations. Le trop-plein et la gestion des fortes pluies doivent être prévus séparément.
La récupération d’eau de pluie est-elle obligatoire en 2028 ? Pas du seul fait de la RE2020. Des règles locales peuvent néanmoins imposer une gestion des eaux pluviales sur la parcelle.
Rédaction : Ma Citerne Ecolo. Vérification documentaire : 23 septembre 2026. Sources principales : Service-Public.fr, ministère de la Transition écologique, Code de la construction et de l’habitation, Code général des collectivités territoriales et arrêté du 12 juillet 2024. Les prescriptions propres à une parcelle doivent être vérifiées avant travaux.



